Le futur-présent de la création animée

En dehors des secteurs d’activités spécialisés, qui se préoccupe des bouleversements que provoquent déjà les outils génératifs basés sur l’Intelligence Artificielle (IA) ?
Ces outils, à la fois fascinants et effrayants, tant leur pénétration dans nos vies quotidiennes est rapide et invasive, vont radicalement chambouler tous les domaines de la création animée par l’automatisation quasi-instantanée de tâches qui incombent aujourd’hui à l’écrasante majorité des techniciens (infographistes, animateurs, programmeurs, compositeurs, …) qui constituent la part la plus importante des ressources humaines mobilisées pour la production de films, de jeux vidéos et autres contenus audio-visuels diffusés sur écrans.
La captation de l’une des présentations qui s’est tenue en novembre dernier à Angoulême dans le cadre des RADI-RAF donne un rapide aperçu de quelques-uns des enjeux liés au rôle de plus en plus prépondérant de l’IA dans le processus de fabrication de contenus animés.

Une phrase résume à peu près tout : “l’animation va devenir un moyen de s’exprimer dans les metaverses“. Comprenez : aussi simplement que nous communiquons aujourd’hui nos émotions avec des emojis, nous enverrons ou utiliserons via nos avatars dans les univers virtuels (prochains modes de navigation dans l’Internet) des personnages en mouvement dont l’animation, et plus globalement l’apparence, seront générés et actualisés automatiquement grâce à des programmes “intelligents” (capables notamment de s’auto-instruire pour se perfectionner).

Cet avenir proche, qui n’est plus désormais de la science-fiction, représente-t-il un danger ou une source de nouvelles opportunités pour les filières professionnelles de l’industrie culturelle ?
On en parle quand vous voulez !

 

Pour consulter toutes les synthèses des différentes présentations des RADI-RAF

• Pour cerner, dans les grandes lignes, les évolutions de l’écosystème de l’animation

 

 

 

 

 

Le marché de l’animation française en 2021 : état des lieux et perspectives

C’est devenu une routine, chaque édition des RADI/RAF à Angoulême est l’occasion pour le Centre national du Cinéma et de l’image animée de dévoiler et de commenter son état des lieux du marché de l’animation française.
De nouveau, cette quarantaine de pages (écrites en gros caractères et illustrées) dresse le constat enthousiasmant d’un secteur d’activités à la prospérité insolente et aux retombées locales sonnantes et trébuchantes à rendre jaloux tous les autres domaines de l’industrie culturelle nationale.
Mais qui s’en préoccupe ?

La bien-portance du secteur de l’animation, fleuron des filières culturelles françaises, dont l’excellence est reconnue au niveau international, ne se
dément pas en 2021 :
• une production audiovisuelle particulièrement dynamique et créative, premier registre de création à l’exportation,
• une production cinématographique attractive en salles et sur le marché international, avec toutefois un enjeu d’échelle,
• une demande forte, à la fois des diffuseurs et, de plus en plus, des services de vidéo à la demande,
• un secteur d’activité peu impacté par la crise sanitaire et en tension (sur de nombreux métiers) face à cette demande.

 

 

Rencontre interpros Normandie Films/Normandie Animation

A l’issue de la première Semaine Animai (mai 2022), plusieurs propositions ont été exprimées par les participants afin de favoriser le développement de la filière professionnelle de la création animée en Normandie.
C’est ainsi qu’une journée entièrement consacrée aux étudiants en cinéma s’est tenue le 7 septembre 2022 dans le cadre de la 23e édition du Festival Off-Courts.
C’est ainsi que différentes ressources sont désormais publiées sur ce site ou transmises aux futurs professionnels qui le demandent.
C’est ainsi que se tiendra le 13 janvier 2023 à Caen une première réunion de travail entre des producteurs normands (adhérents de Normandie Films) et des professionnels – et futurs professionnels – de l’animation pour lever les freins et les verrous qui empêchent les uns de travailler avec les autres.

Cette rencontre est d’ores et déjà complète !
Nous entendons renouveler cette initiative en faveur du développement et de la structuration de la filière régionale “cinéma/audiovisuel/numérique”, mission principale s’il en est de Normandie Animation.

Addendum (janvier 2023) :

 

Quatre longs métrages qui ne doivent pas passer inaperçus

Au milieu des nombreux films d’animation proposés dans les salles de cinéma dans les prochaines semaines, principalement à destination d’un public familial, voire spécifiquement enfantin, quatre superbes œuvres animées risquent fort de passer sous vos radars bien qu’elles méritent plus que les autres le détour.
Chacun à leur manière, les quatre longs métrages suivants font état d’une créativité visuelle étonnante, d’un certain anticonformisme narratif, d’un parti-pris artistique original qui les placent nettement à l’avant-garde d’une production internationale désespérément standardisée.

Inu-Ô de Masaaki Yuasa (Japon) – Bande annonce
Le prodige de l’animation japonaise réussit magistralement l’adaptation du “Roi-chien”, roman fulgurant de Hideo Furukawa, inspiré d’un épisode de la saga millénaire du “Dit du Heike”.
Mise en scène stupéfiante, animation au-delà de l’imaginable, récit alambiqué et néanmoins fidèle au roman originel, la folie géniale de Yuasa – bien qu’assagie depuis l’inégalable Mind Game – ne semble avoir aucunes limites.
Fans d’anime et de manga, vous êtes prévenus, vous n’êtes pas ici en terrain connu et vous n’en ressortirez pas indemnes !

Archipel de Félix Dufour-Laperrière (Canada) – Bande annonce
Le cinéaste québécois s’est déjà imposé en deux longs métrages comme l’un des plus singulièrement créatifs de sa génération. Il est même peut-être le seul en 2022 à se risquer au format long pour traiter la matière du film d’animation comme un langage poétique à part entière.
A ce titre, Archipel est un film foncièrement expérimental. Son propos est toutefois parfaitement accessible à quiconque aime se laisser emporter par les voyages désorganisés ; sa générosité visuelle et “animationnelle” fait la démonstration à chaque nouvelle séquence que l’art des dessins animés reste encore loin d’avoir épuisé son potentiel émotionnel.

Le secret des perlims d’Alê Abreu (Brésil) – Bande annonce
Le troisième long métrage du cinéaste brésilien Alê Abreu est une pépite qui se mérite. Esthétiquement sublime, il est en revanche moins immédiatement appréciable à sa juste valeur sur le plan narratif. Avec le magistral Le garçon et le monde, Abreu affirmait déjà en 2013 son goût pour les récits complexes. Il renouvelle, affine et remporte avec Perlimps (titre originel) son pari courageux sur l’intelligence du jeune spectateur.
Un conseil pour profiter du spectacle : se placer d’emblée, dès le tout premier plan du film, à hauteur d’enfant et ne jamais quitter ce point de vue.

Interdit aux chiens et aux italiens d’Alain Ughetto (France) – Bande annonce
Après l’éblouissant Jasmine (2013), Alain Ughetto continue l’exploration cinématographique de son passé personnel et raconte l’exil de ses aïeux italiens.
Contrairement à ce que pourrait laisser supposer son titre plombant, ce film est joyeux, drôles parfois, jamais pathétique et presque divertissant en dépit de son sujet : la vie qui continue inexorablement au-delà du déracinement.

Dates de sortie française :
Inu-Ô de Masaaki Yuasa :  23 novembre 2022
Archipel de Félic Dufour-Lapérrière :  7 décembre 2022
Le secret des perlims d’Alê Abreu : 18 janvier 2023
Interdit aux chiens et aux italiens d’Alain Ughetto : 25 janvier 2023

Pour tout savoir sur le métier de character designer de dessins animés…

… Le meilleur moyen c’est de le demander directement à un character designer professionnel.
Ça tombe bien, l’un d’eux accompagne en ce moment le long métrage de Carlo Vogele, Icare, dans le cadre d’une tournée “Clap ou pas Clap” (opération récurrente, organisée par le réseau régional de salles de cinéma indépendantes MacaO 7e Art) partout en Normandie.
Venez rencontrer, à l’issue de la projection du film, Antonin Herveet (en charge des dessins de modèles sur Icare) et lui poser toutes vos questions.

Les dates de sa tournée :
• Mercredi 12 octobre à 14h (Le Gérard Philippe – La Ferté Macé, 61)
• Samedi 22 octobre à 14h30 (espace Aragon – Oissel, 76)
• Lundi 24 octobre à 14h (L’étoile – Mortagne-au-Perche)
• Mardi 25 octobre à 14h30 (L’Entracte – Falaise, 14)
• Jeudi 27 octobre à 10h (Le Select – Granville, 50)
• Jeudi 27 octobre à 14h (Villedieu-les-Poêles, 50)
• Vendredi 28 octobre à 14h15 (Le Basselin – Vire, 14)
• Mercredi 2 novembre à 14h30 (Le Normandy – Thury-Harcourt, 14)
• Jeudi 3 novembre à 14h30 (Le Foyer – Douvres-la-Délivrande, 14)
• Vendredi 4 novembre à 14h30 (Le Paradiso – Aunay-sur-Odon, 14)
• Samedi 5 novembre à 14h15 (Ouistreham, 14)
• Mercredi 23 novembre à 14h30 (Le Royal – Condé-en-Normandie, 14)
• Mardi 20 décembre à 14h (Condé-sur-Vire, 50)
• Jeudi 22 décembre à 14h (Le long-court – Coutances, 50)
• Mercredi 28 décembre à 14h15 (Hérouville Saint-Clair, 14)

Pour consulter tout le programme Clap ou pas Clap

Tomm Moore au Café des Images !

Avis à tous les fans des productions du studio irlandais Cartoon Saloon, son cofondateur et accessoirement réalisateur ou producteur des multi-récompensés Brendan et le secret de Kells, Le chant de la mer, Parvana, une enfance en Afghanistan, Le peuple Loup, Tomm Moore sera l’invité exceptionnel du Café des Images (Hérouville Saint-Clair, 14) le samedi 29 octobre 2022.
Normandie Animation est associée à cette rencontre accessible à tous les publics qui débutera à 14h par la projection du long métrage Le Peuple Loup, laquelle sera suivie d’un temps d’échanges avec le cinéaste.
Les réservations sont fortement recommandées pour cet événement qui s’inscrit dans le cadre de la 21e Fête internationale du cinéma d’animation, organisée annuellement par l’AFCA.

Depuis plus qu’un quart de siècle, le Café des Images est l’un des très rares lieux en France qui fait la part belle – avec une constance qui l’honore – au cinéma d’animation de qualité et à ses artistes. D’autres preuves  ?
Le mardi 27 octobre 2022, projection exceptionnelle du programme de courts métrages stop motion “Puppet is alive!” à 20h30.
Vendredi 4 novembre 2022 à 14h, rencontre avec Amandine Fredon, à l’issue de la projection du long métrage “Le Petit Nicolas – Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?” qu’elle a co-réalisé.

 

Pourquoi et comment les publics peuvent revenir au cinéma

Il est très probable que vous soyez peu nombreux à visionner cette longue table ronde, en apparence technico-corporatiste. C’est d’autant plus regrettable qu’on y entend des propos passionnants et sans filtres sur le devenir du spectateur de cinéma, de l’offre qui lui est offerte et sur les solutions concrètes pour redonner le goût de l’expérience collective de la salle de cinéma. Parmi les pistes évoquées, une meilleure gestion de la “data” (données liées à l’expérience du spectateur), la transversalité et la convergence des actions de communication, la réduction drastique du volume de films sortis annuellement (un ange passe…), une remise en question d’une production nationale (largement soutenue régionalement) déconnectées des envies des publics (deux anges passent…), une auto-critique constructive des professionnels (“les films tièdes, ce n’est plus possible !“), la montée en gamme (“premiumisation”) des contenus, entre autres.
Allez, un petit effort. L’enjeu en vaut la chandelle.

 

 

Exposition Niki Lindroth von Bahr

Le 27 octobre 2022, à l’Institut Suédois (Paris, 3e) aura lieu le vernissage de l’exposition “Les fables de Niki Lindroth von Bahr“, en présence de cette dernière.
Il s’agit de découvrir l’art et la manière de la réalisatrice suédoise de films d’animation (stop motion) qui secoue la discipline depuis près d’une décennie avec ses courts métrages tristement drôles ou risiblement désespérés (La Piscine, Mon Fardeau, The House…).
L’exposition sera accessible aux publics, gratuitement et sans réservation, du 28 octobre 2022 au 12 février 2023.

Pourquoi vous parler ici de cet événement parisien ?
Vous le saurez dans quelques semaines. 😉

 

Cinéma d’animation et littérature pour la jeunesse

L’association “Les enfants de cinéma” – que soutient Normandie Animation – organise le mardi 22 novembre, à l’Office central de la coopération à l’école (Paris, 16e), une journée de rencontres et d’études intitulée “Écritures d’encre et de lumière“.
Prochainement ici, un lien vers le programme complet.

“Comment favoriser la rencontre du jeune public avec des œuvres littéraires et cinématographiques fortes et diversifiées ? Comment nourrir et soutenir les actions développées par les différents médiateurs ?
Pour tenter de répondre à ces questions, les interventions qui composent cette journée privilégieront deux axes :
– prendre les jeunes lectrices et lecteurs, spectatrices et spectateurs par la main pour les inviter, voire les autoriser, à accéder à des classiques de l’enfance tels que « Comment Wang-Fô fut sauvé » de Marguerite Yourcenar ou «L’homme qui plantait des arbres » de Jean Giono,
– se glisser à leur suite dans un univers qui leur est familier et contribuer à une meilleure connaissance du manga et du cinéma d’animation japonais en enrichissant leurs références, en éclairant les liens que ces deux univers entretiennent entre eux et avec les autres arts”

Parmi les intervenants de cette journée, Max Butlen, maître de conférences en littérature, Xavier Kawa-Topor, délégué général de la NEF Animation, Georges Lemoine, illustrateur de Marguerite Yourcenar, Ilan Nguyen, spécialiste des films d’animation japonais et traducteur.

• Rencontres gratuites sur inscription : lesenfantsdecine@gmail.com
Le programme PDF