Les aides territoriales à l’animation en 2020

Au début, on a cru au “monde d’après” en apprenant que la Normandie est “star du 7e art“.
Puis, après lecture intégrale de ce long article, l’impression fut tout autre en constatant l’absence, d’une part, de toute référence aux centaines de professionnel/les qui constituent la filière de création et production de cinéma/audiovisuel/contenus hybrides, et, d’autre part, de toute mention de l’unique école de cinéma présente sur le territoire, établissement ouvert en 2019 qui a le bon goût d’être une école d’animation.
Que déduire de ces oublis ?

Parallèlement, est arrivée avec le printemps la synthèse annuelle de Ciclic, détaillant les aides territoriales à la production cinématographique et audiovisuelle, laquelle nous permet chaque année de mesurer en particulier l’évolution des aides publiques dirigées vers la création animée.
Où l’on apprend, sans surprise, qu’après “le net repli des crédits alloués à l’animation en 2019 (-22,5%) avec 1,66 M€ de moins pour atteindre un total de 5,73 M€.
En un an, l’animation a repris des couleurs et affiche un investissement record de 8,7 M€ en hausse de 52,5%.”

Aussi, pour mieux évaluer l’investissement des territoires en faveur de leur filière “animation” (laquelle, rappelons-l, génère environ 5 à 7€, voire 10€, de retombées économiques pour 1€ investi), rien ne vaut un bon classement et une bonne carte.

Téléchargez le classement comparatif des aides territoriales à l’animation en 2020 (PDF)
Ce document cumule les tableaux de classement des années 2018, 2019 et 2020.
NB : le montant total des sommes attribuées à des projets animés en Normandie diffère entre les données publiées par Ciclic et la réalité, légèrement supérieure.

Cliquez sur la carte pour l’agrandir.

La crème de la crème 2 – Le retour

Bon, ce n’est pas encore un vrai retour. La Culture est toujours un bien non-essentiel en France mais on commence à apercevoir, de loin, le bout du tunnel.
Malgré tous nos efforts, et en particulier ceux du réseau MaCaO, la première édition du programme itinérant lancé en octobre 2019 a connu un parcours chaotique et n’a pas pu atteindre ses objectifs. Seules quelques salles, que l’on ne peut que remercier pour leur engagement, ont pu proposer des projections.

Le printemps 2021, avec les bourgeons et les gelées récalcitrantes, voit ainsi poindre la deuxième édition de ce beau projet visant à promouvoir aux quatre coins de la Normandie le court métrage d’animation exigeant et “tout public” . Nous allons donc reprendre notre sélection là où nous l’avions laissée au printemps 2020 et finaliser un programme pointu et suffisamment court pour permettre aux salles de cinéma du réseau MaCaO de se l’approprier et d’y coller toute forme de propositions complémentaires (ateliers, rencontres, débats, expo,…), pour fêter le foisonnement créatif du cinéma d’animation contemporain.

A suivre donc.

Photo : Agathe Fourcin et Olivier Docagne de MaCaO, au cinéma Lux (Caen), lors de la dernière journée de pré-visionnage, le 30 mars 2021. Une campagne virale est née…

 

Quel état et quel avenir ?

Si les artistes professionnels souffrent de la crise COVID depuis un an, que dire alors des étudiants et néo-entrants sur le marché français de la création animée (animation, VFX, jeux vidéos).
Bien que ce dernier se porte à merveille et résiste mieux que les autres secteurs de la production culturelle, les contraintes sanitaires pénalisent en premier lieu les jeunes diplômés ou en passe de l’être, en recherche d’un stage ou d’un premier job.

Le jeudi 18 mars dernier s’est tenue sur la plateforme Twitch, une salutaire initiative intitulée “Le marché de l’animation française en 2020-2021 : quel état et quel avenir ?“. Celle-ci réunissait plusieurs intervenants issus des studios Xilam, Folivari, La Chouette Compagnie, Lazïdak Films et Dontnod, pour une série d’échanges à bâton rompu avec les internautes spectateurs de la rencontre.

A toutes fins utiles, un compte rendu, rédigé par Andréa Leboucher, étudiante à Laniméa (merci à elle !), est accessible aux adhérents de Normandie Animation sur notre messagerie interne (Slack).
Les nombreux liens mentionnés lors de la table ronde qui y figurent intéresseront les étudiants comme les professionnels qui s’impliquent actuellement dans la structuration d’une filière interdisciplinaire de la création animée en Normandie, et en particulier dans son volet industriel.

 

Un cœur battant

 

Remarquable pied de nez au fonds d’aide normand qui s’est obstiné à plusieurs reprises à bouder ce projet de longue haleine, Metallo, le dernier court métrage d’Antoine Blandin commence sa carrière au beau milieu de l’apathie culturelle du printemps 2021.
Le moins que l’on puisse dire est qu’il revient de loin et qu’avec beaucoup d’abnégation et de passion, et le soutien indéfectible d’un producteur engagé, on fait donc de beaux films, singuliers et universels, susceptibles accessoirement de contribuer au rayonnement et à la mémoire d’un territoire.
Alors, quelle montée en gamme pouvons-nous imaginer lorsque la Normandie aura rejoint le concert des autres régions françaises qui investissent et gagnent en misant sur la création animée ?

PS : Un salut amical à Mikhal (Bak), distributrice du film !

 

S’envoyer en l’air

Réalisé pendant le premier confinement au printemps 2020, le court métrage S’envoyer en l’air est contemplatif, sensitif, aussi abstrait que figuratif, à l’image des êtres flottants que nous sommes tous plus ou moins devenus depuis un an. Ce poème audio-visuel, fruit de la collaboration de Simon Leroux et d’Elsa Escaffre., sera en accès libre pendant un mois sur la plateforme à l’occasion du Festival national du film d’animation de Rennes métropole du 7 au 20 avril.

 

 

Césars 2021 : bonne pioche !

Toutes nos félicitations aux votants de l’Académie des arts et techniques du cinéma qui ont su récompenser le court-métrage d’Agnès Patron L’heure de l’ours (de loin le meilleur parmi les nominés) et Josep d’Aurel (de loin le moins conventionnel de la short list finale).

On espère vous retrouver dans les salles de cinéma, à la Saint Glinglin, pour les apprécier ensemble et se satisfaire de la montée en puissance d’un cinéma d’animation français adulte, qui ose s’aventurer, avec une créativité artistique que le monde nous envie, sur des terrains sensibles où l’enfant à toute sa place.

 

 

 

A bons entendeurs

Ok, ce sont Les Échos.
Certes, ce ne sont que des prévisions supputatives, bien qu’étayées par des faits concrets.
Effectivement, les plateformes de streaming (séries et autres contenus en ligne à la demande) constituent une menace sérieuse pour le tissu des salles de cinéma (quoi que).
Mais quel autre secteur de l’industrie culturelle peut se targuer de perspectives aussi favorables ?

Trois prix pour l’animation indépendante innovante à Sundance

Derrière ces trois récompenses, trois fortes tendances du film d’animation contemporain se confirment :
• l’animation avant-gardiste explose les canons esthétiques habituels,
• le documentaire d’animation, registre hybride par excellence, se normalise au-delà de la production indépendante alternative,
• la maturité croissante de l’animation pour adultes s’impose comme le médium idéal pour traiter le réel le plus indicible.

Prix Adobe de l’innovation
Cryptozoo
de Dash Shaw

Grand prix du jury “Documentaire international”
Flee
de Jonas Poher Rasmussen

Prix du jury “Court métrage”
Souvenir Souvenir
de Bastien Dubois

 

 

 

Le “choc de modernisation de l’appareil de production” du CNC, parfaitement calibré pour la création animée

Les Rencontres Animation Développement Innovation 2020 (tenues en différé le 3 février 2021) ont offert à la filière normande de la création animée (animation, VFX, contenus numériques) un argumentaire de poids – parce qu’il vient “d’en haut” – en faveur de sa structuration et de son développement.

Chiffres mirobolants du marché de l’animation à l’international, bien-portance insolente de ses unités de production intégralement numérisées, adaptabilité, agilité et résilience exemplaires des studios de fabrication face à la crise sanitaire actuelle, omniprésence – voire prédominance – de l’animation dans toutes les formes de création audiovisuelle et/ou interactive…
N’en jetez plus, c’est trop ! Nous n’en demandions pas tant !

Extraits de la page dédiée du site du CNC : “[…] La France se distingue par l’excellence de ses studios de fabrication numérique, dans les domaines des effets visuels numériques, de l’animation et du jeu vidéo. Les atouts sont nombreux : des talents réputés, des écoles de premier plan, une maîtrise technique et un tissu industriel qui se consolide. Face à la montée en expertise des pays qui produisent à bas coût, il est aujourd’hui indispensable d’accélérer le développement d’outils et de compétences qui dépassent l’état de l’art afin de maintenir et renforcer cet avantage compétitif au niveau mondial.
Ces deux thématiques [“Studio de tournage de demain” et “Excellence de la production numérique“, ndr] sont traversées par le défi de l’écoresponsabilité, de plus en plus directement corrélé aux enjeux de compétitivité, et une attention très forte sera portée aux projets qui concourent à réduire l’impact environnemental des productions.”

• Plus de détails sur le “choc de modernisation de l’appareil de production” (page web)
Descriptif complet du dispositif (PDF)
• L’interview vidéo de Pauline Augrain, directrice adjointe du numérique au CNC, est visible sur la chaîne YouToob des RADI/RAF et sur la page dédiée du site du CNC.

 

En-tête : entretien entre Stéphane Singier (RADI) et Pauline Augrain, directrice adjoint du numérique au CNC, diffusé le mercredi 3/02/2021, dans le cadre des Rencontres (décalées et distancielles) Animation Développement Innovation 2020.

 

L’écologie des images

La 16ème édition du festival Hors Pistes, organisé par le Centre Pompidou, a donné carte blanche à la revue Blink Blank pour la programmation de 6 films d’animation sur la thématique « L’écologie des images », en écho au sommaire du deuxième numéro de la revue.
Ce rendez-vous annuel, qui s’intéresse aux grands sujets d’actualités et leurs échos dans l’art contemporain, se tiendra entièrement en ligne du 1er au 14 février 2021.

Les six séances prévues sont gratuites dans la limite des places disponibles, accessibles sur la plateforme La Vingt-Cinquième Heure. Elles seront suivies d’une rencontre virtuelle avec les réalisatrices et réalisateurs des courts métrages programmés.
• le 3 février à 19h :Planet ∑ de Momoko Seto
• le 5 février à 19h : My Generation de Ludovic Houplain
• le 7 février à 19h : Empty Places de Geoffroy de Crécy
• le 8 février à 19h : Hybrids de Florian Brauch, Matthieu Pujol, Kim Tailhades, Yohan Thireau et Romain Thirion
• le 10 février à 19h : La Vache qui voulait être un hamburger de Bill Plympton
• le 12 février à 19h : Le Tigre de Tasmanie de Vergine Keaton